Votre rôle est de porter haut les couleurs du parti

Après plus de quatre années à la tête du PLR Valais / FDP Wallis, Florian Piasenta va remettre son mandat la semaine prochaine lors de l’Assemblée générale de Monthey. Rencontre avec celui qui a incarné le radicalisme valaisan ces quatre dernières années.

Florian Piasenta, quel bilan tirez-vous de ces années de présidence ?

Cela a été absolument passionnant. J’ai vécu une aventure politique et surtout humaine incroyable. Tout n’est pas simple, mais c’est très enrichissant.

A quoi ressemble le quotidien d’un président de parti cantonal ?

Intense, nous sommes sans cesse sollicités. Ce n’est pas une fonction où vous pouvez réserver une plage horaire définie, et ensuite l’oublier. Il y a la vie du parti, son organisation et son fonctionnement. Avec 1'500 membres, 60 sections, des centaines d’élus au niveau fédéral, cantonal et communal, le parti n’est pas une petite machine. Il y a toujours quelque chose à faire.

Ensuite, il y a les votations fédérales et cantonales. Ce sont 4 rendez-vous annuels, entre 15 et 20 sujets de votations différentes, qu’il faut traiter. Autrement dit, le parti est tout le temps en campagne.

Et c’est sans parler des six sessions annuelles du Grand Conseil où le parti est engagé au travers des députés.

Et les campagnes électorales…

Exactement, mais c’est ce que j’ai préféré comme Président. Nous sommes dans l’action, il y a la rencontre avec la base, les électeurs et c’est le moment où l’on peut parler politique et vision. J’ai eu le plaisir de voir le PLR progresser dans les communes valaisannes, un Valaisan romand sur deux habite une commune présidée par un PLR. La réélection de notre ministre et le gain d’un siège supplémentaire au Grand Conseil a également été un moment très fort pour l’ensemble du parti. Nous avons ensuite enregistré un tassement au niveau fédéral où il n’a pas été possible de progresser malgré la très bonne liste et la brillante réélection de Philippe Nantermod à son poste de Conseiller National.

Comment vous expliquez ces différences de résultats ?

Chaque élection est différente, et dépend de plusieurs facteurs. Nous sommes toujours forts au niveau communal car le PLR est le parti qui recherche des solutions. Il y a aussi et surtout la qualité des personnes qui se mettent à disposition. Les citoyens nous font confiance.

Au niveau cantonal, c’est un peu la même chose. Frédéric Favre a été réélu car il a fait du très bon travail. C’est une personne sérieuse en qui on peut avoir confiance. J’ai de très bons retours de la population. Cette remarquable confirmation, dans l’ensemble du canton, a été une immense réussite pour la démocratie valaisanne. Un équilibre sain et durable a été validé et entendu par la population.

Au Grand Conseil, les gens nous reconnaissent comme une force crédible et fiable. Nous avons toujours une ligne claire, et le groupe ne fait pas de populisme, donc n’adapte pas ses positions pour des considérations électoralistes. Nous avons ensuite eu l’immense plaisir de renouer avec le Haut-Valais lors des élections cantonales avec l’élection d’un député ainsi que d’un suppléant du côté du district de Viège. Nous avons donc progressé avec un siège supplémentaire et nous sommes devenus le plus grand groupe au Grand Conseil.

Et au niveau fédéral ?

C’est la seule élection où nous reculons. C’est aussi la seule élection où l’actualité a de l’influence. Prenez 2011 après le Tsunami de Fukushima, il y a la montée des Verts, idem en 2019 avec l’effet Greta Thunberg. En 2015 et l’année passée, ce sont les problèmes migratoires qui ont été au centre la campagne, avec une montée de l’UDC. Le PLR a des réponses factuelles et orientées solutions. Face au populisme des solutions irréalisables, c’est difficile d’avoir un message réaliste.

Et puis il y a aussi les médias qui recherchent parfois le sensationnel. Pour mesurer le PLR en Valais, on prend toujours 1991 comme référence. Il y a 32 ans, il y avait trois forces politiques en Valais: le PDC, le PLR et la Gauche. Aujourd’hui, l’offre politique est beaucoup plus étendue, la comparaison est difficile.

Et le Conseil des Etats, il fallait aller au 2e tour ?

C’est une décision de l’assemblée qui a fait le vœu d’apporter un choix démocratique à la population, en sachant que la mission était extrêmement difficile face à deux sortants. Cela n’a pas fonctionné, la population a fait le pari du statu quo. Il n’y a pas à rougir des élections perdues, c’est le jeu démocratique et la force de notre système politique.

Revenons au métier de président. Qu’est-ce qui vous a le plus «marqué» dans votre présidence ?

L’attachement de nos élus et membres au PLR, et le Président est vu comme son porte-drapeau. Votre rôle est de porter haut les couleurs du parti, dans les bonnes comme dans les mauvaises situations.

Il y a aussi tout le volet organisation du parti ?

Oui, bien entendu. C’est ce que j’appelle le travail de l’ombre et qui prend énormément de temps. J’ai eu la chance de côtoyer de nombreuses personnalités et d’être entouré par des personnes bienveillantes, dynamiques et surtout travailleuses.

Il ne faut perdre de vue qu’un Président sans ses coéquipiers, donc les vice-Présidents, le caissier, le secrétariat et le comité dans son ensemble n'est rien.

Vous ne quittez pas complètement la politique, car vous êtes candidat à votre propre réélection à la présidence de Salvan. D’autres projets ?

A côté de la politique, j’ai une autre passion: l’entrepreneuriat. Je ne risque pas de me retrouver avec un agenda vide…avec la création d’un hôtel de 17 chambres dans notre station, l’acquisition de deux boulangeries à Martigny et à Fully ainsi qu’un laboratoire. Cela fait une PME de 60 personnes à l’année qui travailleront dans nos divers commerces.

Jeudi prochain, vous vous adresserez pour la dernière fois comme Président devant le PLR Valais. Qu’est-ce que vous allez dire ?

Ce n’est pas mon discours qui sera important, mais la participation à ce rendez-vous du PLR et la participation à la nomination de la nouvelle Présidence, y compris les vice-présidences et plusieurs personnes du comité.

J’invite donc tous les membres et sympathisants jeudi prochain à Monthey.


Article paru dans le Confédéré du 12 avril 2024